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Dominique Viseux

Ecrivain

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Jeudi, 23 Fév 2012

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Agnosia, l'ignorance

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Agnosia, l'ignoranceDans la paisible communauté de Siloès, connue et vénérée à cent lieues à la ronde, il s’éleva un jour un grand tumulte. Les frères ermites du désert — comme chaque matin après l’heure de la prière — descendaient le versant abrupt de la montagne pour se rendre dans la  région des marais, laquelle, située en retrait du fleuve et généreusement irriguée, leur était réservée depuis plusieurs générations. Ainsi qu’à l’ordinaire, les frères de la communauté chantaient en chemin, frappant l’un contre l’autre des morceaux de bois au rythme de la marche et des psaumes entonnés, d’abord pour glorifier le Seigneur, ensuite pour annoncer en grand tapage leur présence et inviter hommes et bêtes imprudemment aventurés en ces lieux à déguerpir sans tarder.

Agnès, ascète du désert, s’immisce dans le calme d’un ermitage pour éprouver les cœurs et les reins des serviteurs du silence. C’est à l’épreuve de la lucidité, au voyage des morts, à l’illusion paradisiaque que le lecteur est convié.

 

Portrait de famille

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Portrait de famille"Dans le vestibule du château de Bergues, plusieurs choses retenaient l’attention en dehors du mobilier ordinaire : le titre de noblesse de monsieur le comte, vieux document de famille daté et signé de la main d’un officier royal et mis sous verre, une statuette de plâtre patiné, copie en réduction de l’Apollon poursuivant Daphné, un grand miroir enfin qui reflétait sur le mur opposé une photographie récente de larges dimensions, richement encadrée et sous verre elle aussi.
Sur cette dernière, le visiteur pouvait reconnaître, en valeurs bistre, le perron du château garni d’une vingtaine de personnes s’étageant sur trois rangs, suivant les marches de l’escalier...
Toutes ces personnes se contemplaient fixement dans le grand miroir, sans jamais se lasser."

Le ventre de Babel

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Le ventre de Babel

 

 

« Des tentures de lin, de soie brodée, des constructions légères de bois, de tissu et de pierres sculptées, des terrasses, des niveaux différents agencés avec art, de petits escaliers, des bassins, des jardins même occupaient cet endroit dans une parfaite harmonie. Le luxe, l’ordre, la propreté régnaient en maîtres ; mais non le silence cette fois. Une foule bigarrée – semblable à celle de Babylone, cependant plus étrange, plus disparate encore – évoluait dans cet ensemble et y faisait grand bruit. Des musiques circulaient aussi, des paroles lancées avec des porte-voix ; une lumière douce et dorée, pareille à celle d’un soleil couchant, baignait cette atmosphère tapageuse où se mêlaient parfums de fleurs, odeurs d’encens et – dois-je le dire ?... – d’urine également... »

 

Je vous emmène, Maria

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Je vous emmène, Maria

Deux amants, Axel et Maria, se retrouvent par le fait du hasard et après quatre ans de séparation, dans une ville portuaire qu’une brusque épidémie commence à isoler.
Contraints de partager la dernière chambre d’hôtel encore libre, ils s’épient, se reconnaissent, mais gardent de courtoises distances, devenus à nouveau étrangers l’un à l’autre.
Une tempête empêche tout embarquement : résigné, Axel pianote ses dernières partitions et Maria déballe ses ivoires, agacée autant que troublée par cette vie commune obligée.
Mais bientôt l’hôtel, hanté par de curieux personnages, est mis en quarantaine : l’épidémie fait ses ravages. Une liste des victimes est dressée : Axel y lit avec stupeur son nom ainsi que celui de Maria et tout bascule : la mer attaque l’hôtel par lames de fond successives, les plafonds s’effondrent et les esprits se délitent.
Quel est donc ce monde étrange qui se décompose et semble vouloir tout emporter dans sa spirale ?

 

L'Oeuf de Colomb

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L'Oeuf de ColombLe vendredi 12 octobre 1492, à deux heures du matin, l’Amérique découvrait Christophe Colomb.
Trois mois plus tard, l’île des Taïnos nommée Haïti recevait avec tous les honneurs dus aux grands messagers du ciel le très magnifique seigneur don Cristóbal Cólon, amiral de la mer Océane, vice-roi et gouverneur perpétuel des Indes.
Trente ans après cette rencontre entre l’histoire et l’éternité, le peuple des Taïnos disparaissait de la surface du monde connu.

Qui étaient donc ces hommes si puissants, venus du fond de l’océan ?
Ils avaient le teint blanc, avec des poils sur le visage. Ils portaient des vêtements, des bannières et des croix. Ils avaient la voix rauque, le regard enfoncé, l’œil aux aguets, la main hardie. Ils n’avaient pas de femmes ni d’enfants. Des coutumes étranges les incitaient à prendre sans jamais donner, à décréter sans jamais écouter, à interdire ce qu’ils se permettaient. Ils se cachaient le corps derrière des vêtements ; et ils se cachaient l’âme derrière des bannières et des croix.
Ils vénéraient un dieu.
L’or.
C’était assurément un peuple étonnant.

Abel et Loïse

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Abel et LoïseL’histoire habille et abîme le mythe. Notre mémoire continue de chanter les amours d’Héloïse et Abélard, sans savoir ce qu’elles furent vraiment ni comment le temps s’en empara pour les modifier, les sublimer ou les tuer tout simplement.

La correspondance factice d’Héloïse et Abélard construit elle-même son propre mythe et l’inscrit dans la pensée religieuse de son temps. Elle explique l’amour, l’embellit, mais l’enferme. La lecture prend fin et la question demeure : qui était Abélard et qui fut la très sage Héloïse ?

Mais que l’on pèse les mots de cet amour volé, jugé, reclus enfin dans les extases officielles de l’Église du temps et l’histoire bascule. Villon lui-même nous aurait-il menti ?

Où est la très sage Héloïse
Qui cloîtrée fut par Abélard,
Celui que tous châtré disent ?
Et qui d’amour fit cette histoire ?

Le sable de l'arène

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Le sable de l'arène

 

 

Composées à la manière d'un triptyque, trois nouvelles s'enchaînent pour raconter la difficile percée d'âmes libres dans un univers en proie au doute et à la sclérose:

Valère l'Apostat, dans ses amours avec Justine, se heurte aux limites du monde;
Scènes de Cirque s'ouvre sur la mythique arène et ses enjeux cruels;
La Vestale, dans sa fuite impossible, referme le tableau des mensonges humains.

 

La Citadelle des Brumes

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La Citadelle des Brumes

 

Au centre d'un campement circulaire, un brasier est allumé. On y jette tant de bois que toute l'eau du ciel ne pourrait l'éteindre. A l'abri sous les auvents, les chevaliers se chauffent, se mettent à l'aise et boivent du vin chaud.
- C'est une tradition chez eux, explique Villaume. La dynastie des Araines a toujours connu des difficultés de succession à cause d'une insuffisance d'héritiers mâles. Ils se marient entre eux depuis qu'on les connaît: l'inceste ne les effraie pas, leur sang devient débile. Autrefois, lorsqu'il y avait surabondance de filles et point de garçons pour les épouser, à l'age nubile, on voyait celles-ci se jeter du haut des remparts et se rompre les os sur les rochers du val, cela pour sauvegarder la race et appeler sur le sang des Araines la clémence du ciel. Il y a six mois, la situation est devenu catastrophique. Le dernier maître du château qui n'avait laissé que des filles, s'est tué en tombant de cheval. La dynastie ne peut survivre; ils ne mêlent pas leur sang.

 

La passion du peintre Wann

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La passion du peintre Wann


Wann des Aroines, un jeune peintre de la montagne, s'installe dans une ville où règne un intense commerce de l'art. Dès son arrivée, il assiste à l'exécution d'une jeune femme. Troublé, Wann cherche à connaître l'identité de la suppliciée et les raisons de son malheur. D'emblée, il se heurte à un véritable mur du silence. Personne n'a jamais vu d'exécution ! Un mystère enveloppe cette ville dont la raison d'être demeure, au travers de fameux concours de peinture, le respect scrupuleux des règles de l'illusion.

Wann possède une alliée pour percer ce mystère et imposer son talent original : sa femme Titia. La pureté, la sensibilité et surtout l'esprit libre de celle qu'on accuse d'être folle, le guideront dans sa quête pour donner un sens à son oeuvre et pour décrypter celui des évènements qu'il observe.

Peut-être une parcelle de vérité se fera-t-elle jour dans ce gigantesque carnaval où, sous couvert de costumes bigarrés et de masques moqueurs, la foule semble enfin dénoncer le mensonge et l'hypocrisie des marchands de tableaux...

Mais cette vérité qui transparaît au fil des rencontres renforce davantage l'énigme : pourquoi la ville refuse-t-elle de reconnaître ce qui est évident pour Wann des Aroines ? Pourquoi le talent du peintre la dérange-t-elle tant ?

 

La voie ardente

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La voie ardente

 

 

Pandore vient d'entrer au monastère d'Atmos. Chaque semaine, elle doit accompagner son confesseur dans la montagne. Mais ce qui devait être un cheminement spirituel devient la Voie ardente, la lente et douloureuse montée vers le désir, la cruauté et l'amour.